2013-04-21

Allô ? Non mais allô ? C'est possible une dinde pareille ?

Les faits


Il est probable que beaucoup d'entre vous aient déjà eu vent des importantes déclarations de Nabila Benattia dans l’émission « Les Anges de la Télé-Réalité 5 » sur la chaîne câblée NRJ12. Comme entre temps, de l'eau a coulé sous les ponts -et continue de le faire au moment où je vous parle, sinon ça se saurait- un petit résumé s'impose. Voici, en vidéo, les déclarations de l'accorte demoiselle :



Transcription :
« Apparemment c'était Aurélie et Capucine qui avaient pas de shampoing...uhh Allô, non mais Allô, quoi ? T'es une fille, t'as pas de shampoing, allô ? Allô ? Chai pas, vous me recevez ? T'es une fille t'as pas de shampoing ? C'est comme si j'te dis : t'es une fille, t'as pas de cheveux ! ».

La vidéo est de venue virale et, comme on dit de nos jours, « a fait le tour d'internet ». Les remarques ont d'abord ciblé son idiotie. Puis se sont plus précisément attachée à l'image de la femme que colportait Nabila : ainsi être une femme, c'était être ramenée uniquement à, et n’être préoccupée que par son physique, comme l'illustrait la déchéance ultime, n'avoir pas de cheveux, ce qui vous excluait de facto du cercle féminin. Les présentatrices de shows à la mode l'étrillèrent en l'imitant, de très nombreux détournements fleurirent sur Youtube. On se mit à détailler les opérations de chirurgie esthétiques par lesquelles elle était passée, pour la discréditer encore davantage. Il suffit de taper « nabila allo » dans un moteur de recherche de votre choix pour se voir proposer une liste assez conséquente. Il y eut un article dans le monde.fr, expliquant l'affaire et même un article dans lepoint.fr de Nathalie Rheims qui déplore la tendance du système médiatique à cultiver ce qu'elle appelle la « figure de l'idiotie ».

Les dessous


N'en jetez plus ! Que l'on prépare le bûcher. Si elle se noie, ou qu'elle flotte au dessus, c'est bien qu'elle était une sorcière (car qui a vu quelqu'un se noyer dans un bûcher ?). Pourtant, comme dans toute affaire de mise à mort médiatique, il faut observer le comportement des bourreaux davantage que les affres de la victime. Il y a déjà, c'est vrai, un détail qui me semble révélateur : l'immense majorité des contempteurs de Nabila sont … des contemptrices. L'indulgence masculine dissimulerait-elle dans cette affaire, et étant donné l'objet du délit, quelque concupiscence coupable ?

2013-01-17

L'Affaire de l'acteur russe

Le pitch



Je me suis dit qu'après que tous les grands noms qui ont contribué à faire de "l'Affaire de l'Acteur Russe" un drame national aient donné le leur, et puisqu'on me le demandait avec autant d'insistance, je me devais, à mon tour, de faire partager mon avis sur l'actualité. L'histoire en elle même, si elle ne présente que peu d'intérêt en ce qui concerne le protagoniste - il ne s'agit après tout que d'un banal cas d’exil fiscal rendu bankable par la personnalité de l’intéressé - se distingue en revanche, par les déclarations de ses seconds rôles, et en particulier celles que j'aimerais mentionner ici parce que leur portée me semble être passée injustement inaperçue.




Résumons brièvement (ce qui n'est pas mon fort, on l'aura compris):
  • Depardieu: "Sarko c'est mon pote, j'ai pas envie de payer d'impôts, je me barre avec mon oseille"
  • Ayrault: "Minable !"
  • Depardieu: "C'est toi le minable ! puisque c'est comme ça, je me barre chez mon autre pote Poutine parce que là bas, au moins, c'est une vraie démocratie !"
  • Torreton: "Non, non, il a raison, c'est toi qu'est minable !"
  • Deneuve: "Gégé, c'est mon pote, donc Torreton, t'es rien qu'un jaloux."
  • Les autres: "Enculé ! Pédé ! Non c'est pas moi, c'est toi ! Miroir !"

Jusqu'ici, les citations sont apocryphes dans un but évident de vulgarisation, la profondeur des propos réellement tenus étant trop technique pour mon lectorat (avec lequel je refuserai bien entendu de partager ma fortune, lorsqu'il aura enfin eu le bon goût de bien vouloir la faire). La citation suivante, de Mme Deneuve, provient en revanche d'une source sûre, puisqu'il s'agit de Libération ("pun intended" comme on dit dans le Bouchonnoix):
"L’homme est sombre, mais l’acteur est immense et vous n’exprimez finalement que votre rancœur [...] Qu’auriez vous fait en 1789, mon corps en tremble encore !"
Catherine Deneuve, "Libération", le 21/12/12