2007-02-02

Berlin !!

Nous y voilà. Passons brièvement sur le voyage qui aura eu, au moins, l'avantage de m'apprendre que si dans un car on dort mal, on dort bien plus mal encore dans un car qui transporte une famille africaine et son bébé qui hurle toute la nuit. On me rétorquera qu'il n'était pas vraiment nécessaire d'aller jusqu'à Berlin pour en prendre conscience, commentaire que j'ignorerais avec la superbe dont je me pare en toutes circonstances. Ceci dit, j'oriente néanmoins l'assistance sur les moyens modernes mis à la disposition des jeunes mères, en vous recommandant l'ouvrage suivant : "Denoral, Mogadon (http://en.wikipedia.org/wiki/Nitrazepam) et autres astuces de baby-sitters".


Sur ce, je suis arrivé ! Les automates du métro n'acceptent pas ma carte visa, la première banque est à 300km, et mon sac, à cause de sa masse, modifie légèrement l'orbite terrestre (c'est une façon alambiquée et nerd de dire qu'il est trés lourd), mais tout ça n'entame nullement ma détermination et je m'engouffre dans le S-Bahn. Bon, alors les photos ici sont peu être un tout petit peu dépassées, ils ont rangé depuis, les allemands étant, en effet, trés propres et organisés.





Et j'arrive enfin à PrenzLauer Berg ! Je ne me souvenais plus exactement de l'aspect extérieur de l'immeuble, mais j'ai été rassuré rapidement ! pas l'un de ces trucs clinquants qui ne ressemblent en rien au vrai Berlin.



Je m'attendais un peu à dormir dans un coin, parmi de vielles caisses de jouets, d'outils, de vaiselle cassée et de vieux journaux. En fait, il n'en est rien : le casting originel était Hanna (ma cousine black, ce sont en effet de mes ascendances africaines que je tire mon enorm.. mais je m'égare), Robert, Jan et Anna (tention, faut pas confondre) une croate qui vivait avec son chien. Or Anna se barre chez son mec et laisse une chambre quasi vide qu'elle a payée, probablement trop en avance, que j'ai nettoyée, les croates étant beaucoup moins propres que les allemands, c'est connu (Je vous conseille à ce sujet de lire "Les Bienveillantes" que j'ai moi même lu pour me préparer au voyage, pour me mettre un peu dans le bain, ce qui me permet, sur place, de ne ressentir presqu'aucun dépaysement.), et dans laquelle je me suis installé avec son accord. Du moins le supposais-je. En effet, c'était un peu plus compliqué, comme je l'appris lorsqu'elle vînt, par le fait qu'elle ne savait pas du tout quand je me pointerais. Bref, tout cela aurait pu dégénérer en "problème" sans mes talents en termes de diplomatie internationale et mon allant légendaire.

Sinon, concernant la langue, ils ne cessent de tenter de m'humilier en prétendant que je parle trés bien allemand, ce qui m'obligera tôt ou tard à sévir, en placant ma botte secrète "Gehirnerschuetterung". S'agit qu'ils prennent conscience que j'ai prévu de savoir réellement parler un jour ou l'autre ! pour l'instant je note de nouveaux mots et je fais de courtes phrases, mais pleins de mimiques. Ca marche aussi.



Dans le même temps, Jan prépare son départ, ils cherchent donc deux nouveaux colocs (des vrais qui payent, pas des gros squatters dans mon genre) ce qui occasionne un amusant défilé, trés multinational, mais etonnament presqu'exclusivement féminin (et je m'empresse de préciser que je n'y suis pour rien !). Jusqu'ici ont été représentées l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la France dans la personne d'une jeune fille trés bien, jolie, lesbienne et acceptant de jouer le jeu de ne parler qu'allemand (oui, elle ne parlait qu'allemand, chaque détail a son importance).



Et puis quelques autres : en fait je ne connaissais pas le processus de selection d'une coloc, c'est un peu étrange. Ce sont finalement pas mal de gens sympas, qui se croisent et se sourient alors qu'ils sont en compétition pour une place, du coup, certaines sont même étrangement accortes. Quoique j'attribue cette situation à ma bonne mine, mes origines africaines (que j'évoquais plus haut) et plus précisément maasai m'inclinent à ressentir un doute, (les maasai, en effet, sont connus pour leurs fréquents questionnements existenciels), le fameux "doute maasai" (ok, je sais).



Je n'ai pas encore eu trop le temps de faire le tour de Berlin, mais bon voici quelques photos quand même, qui, je trouve, donnent une idée, sinon de toute la ville, plutôt d'une certaine ambiance. J'aime beaucoup ça :) on se demande souvent : "mais il y a eu une guerre ici ou quoi ?". Ah, euh, oui, je précise que ce sont des photos récentes que j'ai pris moi même. Non, parce que, parfois ("manchmal" en allemand, quoique je mange trés bien, merci), il m'arrive d'utiliser des photos récentes mais qui ne sont pas de moi, alors, du coup , les gens disent : "oui, mais !", ce qui soit-dit en passant, est une façon de dire "non", comme on me l'a appris dans une formation en communication, dont l'intérêt aujourd'hui m'echappe, mais qui néanmoins me fait réaliser toute l'étendue de la mauvaise influence de mes lectures, comme, par exemple, ici, celle de Proust qui écrit des phrases interminables, dont le début se perd dans la journée précedente avant qu'on en ait atteint la fin. De la phrase. Oui, Proust a un bon style, lui. Et alors ? pourquoi vous me parlez de Proust ? il s'agit de Berlin ici.